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Hier
Le 20 décembre, il avait déjà joué les pompiers de service sur les plateaux de télé au sujet de la notion de « pays tiers sûr », assurant qu’elle ne figurerait pas dans la loi Asile et immigration. La semaine dernière, il est à nouveau monté au front pour défendre les nombreuses mesures d’un texte très controversé sur les droits des migrants et les nouvelles règles de l’asile. Sacha Houlié le sait, « sa » majorité entre dans une vraie zone de turbulences avec l’examen du projet prévu à partir d’avril. Aussi, le député de la 2e circonscription de la Vienne s’applique-t-il à déminer le terrain. « Je ne suis pas d’accord quand on prétend que la France n’accueille personne, plaide le parlementaire. On accorde 45 000 protections sur 100 000 au titre du droit d’asile et 262 000 titres de séjour par an… Est-ce que c’est suffisant ? Peut-être pas. »
« Nous sommes déçus »
De facto, le projet Collomb se trouve sous le feu nourri des critiques. Mercredi dernier, à Poitiers, ils étaient une centaine à manifester leur désapprobation, à l’appel de vingt-cinq associations et collectifs (Amnesty international, Min'de rien, Cercle du silence Poitiers, RESF, Welcome, la Cimade, Médecins du monde...). « Nous sommes déçus par ce Président de la République qui se présentait pendant la campagne comme un rempart au Front national, mais qui ne respecte pas les droits des personnes étrangères en France », critique Patricia Allain, membre de la Ligue des droits de l’homme. Objet de leur courroux : la diminution du délai pour formuler sa demande d’asile (de 120 à 90 jours), la réduction du délai pour exercer son droit de recours (d’un mois à 15 jours), l’allongement de la durée de rétention…
« Le texte n’est pas définitif »
Le 17 mars, toutes les associations solidaires ont prévu de se réunir à la Maison des Trois-Quartiers pour « prendre part aux Etats généraux des migrations ». Dans l’intervalle de temps, des militants de Min’de rien, des Amies des femmes de la Libé et du Toit du Monde ont sollicité un rendez-vous avec… Sacha Houlié. « Je les recevrai, bien sûr, confirme le député, pour leur dire quelles sont les mesures de progrès que prévoit le texte. Je citerai par exemple la carte pluriannuelle de quatre ans délivrée aux bénéficiaires de la protection subsidiaire ou aux apatrides. » Pas sûr que cela suffise à convaincre les opposants. D’autant que la polémique autour du « tri » prétendu des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence a exacerbé les positions. « La communication a été très mauvaise », reconnaît d’ailleurs le parlementaire. Qui ajoute : « Le texte (Collomb) n’est pas définitif, il va évoluer. Le groupe de travail parlementaire s’interroge sur la durée de rétention, les mesures d’intégration, le délit de solidarité… »
La situation dans la Vienne
Le département compte à ce jour plus de 540 places d’hébergement dédiées aux migrants, dans différentes structures : Centres d’accueil et d’orientation (94), hébergement d’urgence (17), Centre d’accueil temporaire d’examen de l’asile (90), Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (114) et Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (225). Il faut ajouter à cela un projet de CAO complémentaire au Vigeant, pour une trentaine de places. Pour être tout à fait complet, le Guichet unique de demande d’asile de Poitiers, qui couvre les quatre départements de l’ex-Poitou-Charentes, a instruit 1 450 demandes en 2017, contre 994 en 2016.
Le bus « I Welcome » à Poitiers
Dans le cadre de la campagne « I Welcome », en faveur de l'accueil et de la protection des réfugiés, un bus aux couleurs d’Amnesty international sera stationné les 7 et 8 mars, de 10h à 20h, place Charles-de-Gaulle. Informations, débats, témoignages, rencontres, expo, jeux, vidéo et musique agrémenteront les deux jours.
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