Sylvette Rougier entre « colère et indignation »

À l’appel du Comité poitevin Palestine et de plusieurs organisations de gauche, un nouveau rassemblement de protestation contre « le massacre systématique des Gazaouis » se déroulera ce mercredi, à Poitiers (*). La présidente du Comité prend la parole et dénonce l’attitude d’Israël.

Arnault Varanne

Le7.info

Sylvette Rougier, vous attendez-vous à une mobilisation accrue, mercredi dans les rues de Poitiers, notamment compte tenu du week-end particulièrement sanglant à Gaza ?
« Ce sont les vacances, il est toujours difficile de mobiliser les gens dans cette période-là. Ce que l’on souhaite, c’est se rassembler pour indiquer que nous ne sommes pas d’accord avec l’attitude du gouvernement français. Nous voulons également qu’Israël soit sanctionné car cet Etat se rend, une fois de plus, coupable de tas de crimes dans la région. »

Pourquoi organiser un rassemblement silencieux, de la place d’Armes à la place Aristide Briand ?
« On ne nous entend pas lorsqu’on crie ! Alors, peut-être qu’en étant silencieux, nous ferons plus de bruit. Il y a de la colère et de l’indignation, nous l’exprimons de cette manière. »

On imagine que la résurgence de la violence au Proche-Orient ne vous étonne pas…
« En fait, la violence ne s’arrête jamais en Palestine, c’est cela que les gens ne veulent pas comprendre. L’occupation, c’est le vol des terres au quotidien, les agressions de la part des colons, un enfant tué tous les trois jours en Palestine par Israël depuis 2006… Cette violence-là ne fait pas de bruit. »

Tout de même, il y a depuis quelques jours une escalade, avec beaucoup de morts, un déploiement de Tsahal dans la bande de Gaza. La situation s’est radicalisée, non ?
« Il y avait une trêve depuis 2012, que le Hamas avait respectée. Là, Israël a pris pour prétexte l’enlèvement de plusieurs colons pour déclencher cette opération. Le gouvernement d’union nationale entre le Hamas et le Fatah venait juste de se mettre en place. Mais voilà, tout ce qui contribue à l’unité de la Palestine doit être cassé… Encore une fois, tous les éléments de résolution du conflit sont contenus dans le droit international. Mais parce que c’est Israël et que ce pays sert nos intérêts stratégiques dans la région, on laisse faire. »

Trois manifestations ont déjà eu lieu dans le calme à Poitiers et Châtellerault. Comment expliquez-vous les violences de Barbès et Sarcelles ? Le gouvernement a-t-il eu raison d’interdire le rassemblement de samedi dernier ?
« En interdisant aux gens de s’exprimer, notamment dans des quartiers sensibles, c’était aller de fait à l’affrontement. Sans compter qu’il y a eu des provocations de la part d’organisations sionistes fascisantes, comme la Ligue de défense juive… Toutes les manifestations pro palestiniennes sont par essence non antisémites. Jusqu’en 1973, le sionisme était considéré comme une forme de racisme, il faut le rappeler. »

(*) Mercredi, à partir de 18h30, place d’Armes. Le cortège se dirigera en silence vers la place de la préfecture, avant de revenir à son point de départ. Une prise de parole se fera sous la forme de lecture d’un texte du poète palestinien Mahmoud Darwish, en arabe et en français. Rassemblement à l’appel du Comité poitevin Palestine, du NPA, du Collectif citoyen châtelleraudais, de l’Association du Front de Gauche châtelleraudais, de la JC 86, du PCF 86, du Front de Gauche 86, du Parti ouvrier indépendant, ainsi que de l’UD CGT86.

A lire, le portrait consacré à Sylvette Rougier en 2010...

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