
Aujourd'hui
Il a un appétit féroce, une soif d’exploits jamais étanchée. Après s’être offert la Manche à l’apéro et les cinq continents à la nage en guise de plat de résistance, le voilà désormais assis à la table des convives du Dakar. Aux portes du dés(s)ert en quelque sorte ! Du 2 au 14 janvier, Philippe Croizon va bouffer des kilomètres comme jamais sur les pistes sinueuses de l’Argentine, de la Bolivie et du Paraguay. « Rouler dix à quinze heures par jour, je n’ai encore jamais fait. Les organisateurs nous ont dit qu’on allait manger chaud ! Je me sens bien, l’équipe aussi, la voiture est prête. Mais j’appréhende un peu. »
Jusque-là, « Crazy Croizon » a réalisé un sans-faute dans sa préparation. Notamment au rallye du Maroc, où il a terminé 15e en catégorie Open. C’est précisément dans le royaume de l’Atlas qu’une somme providentielle a (presque) permis au nageur amputé des quatre membres de boucler son budget de 600 000€. Un cadeau à... 100 000€, signé du Qatari Nasser Al-Attiyah, double vainqueur du Dakar. « A la fin du rallye-raid, il m’a dit « Philippe, il faut vraiment que tu sois au départ. Qu’est-ce qui te manque ? » Je n’ai pas osé lui dire la somme totale. »
« Rentrer dans l'histoire »
Il est comme ça Philippe Croizon, toujours dans son assiette et prompt à envoyer de bonnes ondes. Maintenant, même bien entouré, l’aventurier devrait morfler sur les 9 000 bornes du tracé 2017. Ne serait-ce que par le temps d’exposition en altitude. « On doit passer six jours à plus de 4 000m, dont une spéciale à 4 850m. Franchement, c’est peut-être ce que je crains le plus. En dehors de quelques séjours au ski par le passé, je n’ai pas d’expérience. » L’altitude, la chaleur, les pannes mécaniques, la mauvaise trajectoire... Le « bizuth » du Dakar sait qu’il devra « gérer des dizaines de paramètres » s’il veut rallier Buenos Aires, le 14 janvier.
Un autre élément est essentiel : la coordination avec son co-pilote, Cédric Duplé. Les deux hommes ne se connaissent que depuis juillet dernier et le rallye-raid « Baja-Aragon », en Espagne. « Entre nous, le feeling est bon. » Idem avec Yves Tartarin. Le pilote mirebalais, dix-huit Dakar au compteur, a accepté de devenir le « sherpa » de Philippe Croizon. Il le suivra à la trace début janvier. Comme tant d’autres, emportés par son énergie. « Au départ, je suis allé voir des gens sans une thune. K Automobilité a accepté de travailler sur un mini manche pour que je puisse piloter. Freddy Valade, l’un des meilleurs ingénieurs motoristes, a fait la même chose. Tout le monde a pris un gros risque. Pour eux, il faut que j’aille au bout. Je veux rentrer dans l’histoire. » Le patron du Dakar a pourtant prévenu : il y aura de la casse et des abandons. « Même pas peur », lui répond le Châtelleraudais. Sa faim justifie les moyens.
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Philippe Bouteiller. 69 ans. Ecrivain et peindre sur le tard. Fondateur et ancien dirigeant de la société neuvilloise NCA Environnement. Normand d'origine. Poitevin d'adoption. Fils d'agriculteur. Signe particulier : trait d'union.