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A l’écran, les extraits se succèdent. La voix, elle, est claire et la réflexion étayée. Lancée il y a deux ans, Le Filmonaute est une chaîne YouTube dédiée à l’univers du cinéma et des séries. Ici, point de critique sur les dernières sorties, mais des vidéos qui abordent les coulisses de la création artistique, à l’échelle d’une œuvre, d’un réalisateur voire d’un genre. « J’avais envie de produire quelque chose à la croisée de la théorie et de l’artistique, confie son créateur, Thomas. Avec l’idée de restituer l’émotion d’origine, que ce soit immersif tout en gardant le sérieux du format. »
De Gone Girl à la postlogie Star Wars, en passant par The Leftovers, le Poitevin de 27 ans y analyse les thématiques, la symbolique ou encore la construction des personnages et du récit. Une manière de mieux saisir l’intention, le message derrière l’objet. « J’ai toujours vu beaucoup de films, à la maison et en salle, explique-t-il. Les séries, c’est plus récent. Elles sont davantage comparables à des œuvres littéraires, ça me permet d’avoir un regard plus complet sur la culture des images. » Il y a sans doute là un peu de « déformation universitaire » pour Thomas, qui a suivi un master Littératures et cultures de l’image, à l’université de Poitiers. « Ce cursus m’aide à avoir de la rigueur dans l’écriture et me pousse à rester sérieux dans la méthodologie. »
Autodidacte, le jeune homme réalise ses vidéos seul, de A à Z, « comme des petits films ». Ce format, porté sur l’analyse, lui a été inspiré par des vidéastes américains, tels Every Frame a Painting ou The Nerdwriter. « Ils m’ont fait comprendre qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire sur ce créneau. » Les épisodes du Filmonaute cumulent en moyenne entre 3 000 et 5 000 vues chacun. En novembre 2020, la chaîne a eu droit à un joli coup de pub de la part du Ciné-club de M. Bobine, plus de 73 000 abonnés au compteur. « Leur partage m’a beaucoup aidé. C’est très gratifiant de voir des personnes emballées par les vidéos. »
Investi dans divers projets de courts-métrages par le passé, Thomas a encore beaucoup de réflexions à partager autour du 7e art. « La prochaine vidéo est dans l’esprit de celles que j’ai faites sur comment faire vivre un décor et sur la figure du super-héros. C’est un format que j’apprécie, qui me permet d’exploiter les extraits de beaucoup de films et séries sur un même thème. » Un format également plus long à réaliser, cela va de soi. Soucieux de « maintenir un certain niveau de qualité », Thomas ne s’impose aucune deadline. Rendez-vous au prochain épisode.
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