Les révoltés de Xyntia

Le procès de la tempête Xynthia a débuté la semaine dernière, aux Sables d’Olonne. Sur le banc des parties civiles, l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer regroupe plusieurs survivants poitevins, qui veulent honorer la mémoire des disparus.

Romain Mudrak

Le7.info

Les premières déclarations de l’ancien maire de La Fautesur- Mer ne l’ont pas apaisé. Bien au contraire. Le procès de la tempête Xynthia démarre à peine aux Sables-d’Olonne, mais Pierre Métais a déjà son avis sur les responsabilités des accusés à la barre. Cet habitant de Naintré possédait une résidence secondaire dans cette petite commune balnéaire. Il garde en mémoire le souvenir cauchemardesque de cette nuit du 27 au 28 février 2010, qui a fait 53 morts, dont 29 rien que sur cette commune vendéenne.

« L’eau est montée en quelques minutes à deux mètres cinquante de haut. Elle a envahi notre maison. Heureusement, nous avons pu nous réfugier au premier étage », témoigne ce survivant. Les sapeurs-pompiers sont venus les chercher en zodiac, lui et sa femme, le lendemain, vers 13h. « Mon épouse a été suivie psychologiquement pendant deux ans après cette nuit-là. » Dans le procès qui s’est ouvert la semaine dernière, Pierre Métais s’est porté partie civile, au même titre que les autres membres de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (Avif). Pour lui, « le maire ne pouvait pas ignorer le danger ». « Il doit être sanctionné pour cela. »

Connaître la vérité

L’Avif ne cherche pas à obtenir des indemnités. L’Etat a racheté les maisons de Pierre et des autres sinistrés pour un prix tout à fait satisfaisant. Le préjudice moral des victimes ayant perdu un être cher sera chiffré si le juge le décide ainsi. Mais la vocation première de l’association est ailleurs. « Notre devoir de mémoire nous impose de connaître la vérité des faits, à travers la procédure pénale, et de faire en sorte que cela ne se reproduise jamais », indique Renaud Pinoit, son président.

Deux cents personnes ont rejoint les rangs de l’Avif. Parmi elles, une centaine de sympathisants ne possédaient pas d’habitations sur place. Désormais, l’association ambitionne de rassembler toutes les victimes de Xynthia, au-delà des frontières de La Faute-sur-Mer. Et de prévenir toute récidive. En attendant, Renaud, Pierre et les autres devront vivre encore quatre semaines d’audience, de témoignages et de justifications, avant de venir à bout de ce dossier de vingt-deux tomes, équivalent à 175kg de papier.

Crédit photo : Antoine Decourt - CC by-sa

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