Evan Fournier comme à la maison

Transféré, à la fin du mois de juin, des Denver Nuggets aux Orlando Magic, Evan Fournier espère franchir un nouveau palier dans sa progression, au sein d’un « effectif jeune et pétri de talent ». C’est ce qu’il a confié, ce matin, à Saint-Eloi, où il a participé au camp d’été du PB86. Entretien…

Nicolas Boursier

Le7.info

Evan, à quoi doit-on votre présence, aujourd’hui, à Poitiers ?
« Le PB 86 souhaitait que je participe aux 10 ans du club. Hélas, vacances obligent, je n’ai pas pu me libérer. Quand Ruddy Nelhomme a su que j’étais sur Paris, il m’a convaincu de faire un petit détour par Poitiers. Si je veux gagner ma place en équipe de France, je ne peux pas refuser ce genre de proposition (rires)… »

Deux ans après votre départ, quels changements constatez-vous ?
« Saint-Eloi est toujours à l’identique, Ruddy et les dirigeants aussi. La seule chose qui ait vraiment changé, c’est la ville elle-même. Je suis assez bluffé par sa transformation. Depuis mon départ, je n’ai rien raté du parcours du PB. Avec la descente en Pro B et cette double confrontation ratée, en finale, cette année, je dois avouer que j’ai eu un pincement au cœur. Mais je suis certain que le club va repartir de plus belle. Beaucoup de gens, ici, le méritent. »

A votre arrivée sur les rives du Clain, vous aviez précisé que Poitiers ne constituerait qu’un tremplin, propre à vous faire rapidement grandir. Le parcours linéaire que vous avez eu depuis vous satisfait-il ?
« J‘ai effectivement grandi et le PB 86 a énormément compté dans cette progression. On peut dire qu’il m’a mis sur orbite. Le rêve que j’avais, gamin, se concrétise et je ne regrette rien de mes choix. J’ai toujours eu beaucoup d’ambition et suis prêt à endosser l’habit de leader. Là-dessus, j’ai la prétention de juger mon cheminement presque logique. »

Votre départ de Denver a surpris beaucoup de monde. Vous y compris ?
« Oui. D’ailleurs, je suis certain qu’ici, à Poitiers, vous avez été au courant de ce transfert avant moi. Cela s’est fait en quelques heures. Un SMS, et voilà ! La NBA est un monde à part, où les décisions sont prises dans l’instant. Maintenant, je suis un joueur des Orlando Magic et je suis très heureux. »

Que restera-t-il de vos deux saisons passées au sein des Nuggets ?
« J’y ai appris comme jamais, au côté d’un premier entraîneur, George Karl, hors normes. Me faire une place a été difficile, mais je crois m’en être sorti avec les honneurs. J’ai fini la deuxième saison en trombe, à 19,8 points de moyenne. J’ai même été titulaire lors des quatre premiers matches de playoffs. Tout allait bien, puis ce fut l’éclipse. On n’a plus fait appel à moi et je ne sais toujours pas pourquoi. S’il devait y avoir un regret, ce serait celui-là… »

Avec celui, on l’imagine, de ne pas avoir été retenu en équipe de France pour l’Euro 2013…
« Ah ça, ce n’est pas une petite blessure, c’est comme si j’avais eu les ligaments croisés de bousillés (sic). J’ai eu extrêmement mal et j’espère qu’avec la Coupe du monde à venir, je vais vraiment me voir vraiment offrir une chance en bleu. »

A l’instant de rejoindre Orlando, à quoi pensez-vous ?
« J’ai déjà pris mes marques. Le club m’a déroulé le tapis rouge, avec limousine et chauffeur personnel. Les dirigeants m’ont accueilli à bras ouvert. Je sais que je vais évoluer dans un collectif jeune et pétri de talent. On attend de moi que je prenne plus de responsabilités. Eh bien, tant mieux, c’est ce que j’ai toujours demandé. Subir la pression ne m’a jamais fait peur. Je crois qu’on va bien s’amuser… »

Un dernier mot sur la NBA. Quel joueur vous a le plus marqué sur un terrain ?
« J’en ai croisé de très très bons. Mais le plus dur que j’aie eu à marquer est sans conteste été Kevin Durant. Le top du top. »


 

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