
Aujourd'hui
C’est l’histoire d’un petit garçon rieur, qui ne rêvait que de parties de foot entre copains, de balades à vélo et de tours de moto avec papa. L’histoire d’un bonhomme de 7 ans au regard attendrissant, soudain privé de son droit le plus élémentaire au bonheur. L’histoire d’une famille recomposée n’ayant que Théo pour enfant commun et qui vit dans la peur de l’instant final. Cette histoire pourrait être celle de tout le monde. Elle est le calvaire de Véronique Mathet et Fabrice Blanchard depuis maintenant neuf mois. « Le 12 août 2013, c’est ce jour-là que tout a basculé », susurre la maman. Le jour, précisément, où les douleurs intercostales répétées de Théo alertent le médecin de famille. Direction le CHU de Poitiers pour une batterie d’examens qui révèlent non pas un, mais deux cancers. « L’ostéosarcome touche les enfants de 3 à 21 ans, éclaire Fabrice. Le fait d’en développer deux est très rare. » La première tumeur, de 15cm, est localisée dans le fémur. La seconde, plus « embêtante », a pris place dans le thorax, compressant coeur et poumons.
L’espoir…
Devant la gravité de la situation, les médecins poitevins proposent à Véronique et Fabrice un protocole chimiothérapique, « avec injonction d’une nouvelle molécule, soi-disant révolutionnaire ». « Ils se disaient incapables d’opérer. Ils ont contacté d’autres hôpitaux. Personne ne pouvait prendre en charge Théo. Nous n’avons pas cherché à comprendre, nous avons signé. » Les mois passent, mais l’état de santé du bout’chou ne s’améliore guère. Un jour de novembre, on annonce aux parents que le pire est à craindre. Dans l’esprit de Véronique, l’expression « soins palliatifs » n’a pas sa place. Cette dernière butine les pages web, jusqu’à tomber sur le site Internet du Dr Nicole Delépine, spécialiste des cancers de l’enfant à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. « Je l’ai contactée pour savoir si ce type d’opération était possible sur un petit de 7 ans. Deux jours plus tard, un dimanche, nous étions dans son bureau. »
L’oncologue accepte de prendre Théo sous son aile. Une nouvelle chimio à haute dose est engagée. Elle doit préparer le terrain à l’opération tant attendue. Le Dr Delépine convainc un confrère chirurgien, le Pr Fadel, de tenter ce que d’aucuns pensaient impossible.
… Et la rechute
Le 26 février, Théo est admis au bloc du centre chirurgical du Plessis-Robinson. Six heures et demie plus tard, sa tumeur de 750g est extraite. Le coeur a retrouvé sa place, seul un morceau de poumon a dû être retiré. La fin du chemin de croix ? « Théo a repris du poil de la bête, poursuit Véronique. Sa respiration s’est nettement améliorée. Hélas, il y a quelques jours, de nouveaux examens ont révélé que des métastases s’étaient développées dans le péricarde. Cette fois-ci, il n’y a plus d’opération envisageable. » Théo a compris. « Nous ne lui cachons rien. Je lui ai dit que la « boule » était revenue. » La réponse revient en boucle à ses oreilles : « Maman, je sais que je vais mourir. »
Une énième chimio a été entreprise. Véronique et Fabrice font face. Encore et toujours. « Nous ne prévoyons plus rien. Notre seul avenir, c’est de goûter le moment présent, de donner tout notre amour à notre fils et de prendre celui dont il nous témoigne. » C’est l’histoire d’un couple qui rêvait de voir grandir son enfant et qui craint aujourd’hui de ne pas le voir vieillir. Ce pourrait être la vôtre…
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